Défi “dans’coveries” 2018

Mon ticket et le programme pour la soirée d'ouverture de Resolution 2018
Mon ticket et le programme pour la soirée d’ouverture de Resolution 2018

Samedi 13 janvier 2018

En ce début d’année, inspirée par les prouesses de ma blogueuse littéraire de soeur et regrettant de n’avoir pas vu assez de spectacles à mon goût au cours des derniers mois, j’ai décidé de me lancer le challenge suivant :

aller voir un minimum de 24 spectacles de danse sur l’année 2018, et faire en sorte que les spectacles en question répondent à 24 critères différents.

En lisant ce blog, vous serez témoins de mes accomplissements tout au long de l’année … et je suis bien partie pour faire mieux que prévu 😉 En une semaine seulement, je suis déjà allée voir 3 spectacles, dont 2 soirées composées. Un total de 10 pièces différentes !

Curieusement, je commence par le bas de la liste : mercredi, j’ai atteint l’objectif d’aller voir une pièce ou installation qui dure plus de 2 heures (catégorie numéro 24). L’adaptation de “Cendrillon” qu’a réalisée Matthew Bourne, une extravagance dansée en trois parties, durait en effet 2 heures 30 !

Aujourd’hui, mon amie chorégraphe Irene Fiordilino présentait son solo “Self-portrait in Yellow Shades” dans le cadre du festival “Abeerance” à Platform Southwark. Il s’agissait d’une pièce présentée dans une endroit où je n’avais encore jamais mis les pieds. C’est donc la catégorie numéro 23 que j’ai remplie.

Voilà, plus que 21. Et ça tombe bien : le festival Resolution 2018 vient juste de commencer !


Curieux(-se) ? Intéressé(e) ? Amis amateurs de danse, si l’envie vous prend de vous joindre à ce challenge, faites-moi signe ! Je vous enverrai volontiers la liste complète des 24 catégories de spectacles de danse à aller voir cette année.

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A dancer’s travel diary

Monday 7th August 2017 – Sydney solo

I have been lucky enough to fly to Australia! And as always, I took my dancing dreams in a suitcase. I’m getting so inspired by this gigantic land that I wanted to share some sights with you all.

Sydney Opera House by night, 04/08/2017
Art Gallery of New South Wales, Sydney, 07/08/2017

This morning, when I entered the Art Gallery of New South Wales, I went straight down to the contemporary arts section. Alone. Empty bright spaces, with a selection of scupltures/installations that seemed to crave movement and human bodies to inhabit them. Maybe I’m biased, because I danced in museums, in and around sculptures on several occasions this year! Visiting this part of the gallery reinforced my willingness to insert contemporary dance into visual arts. Nowadays, artists are literally building spaces, making room for people to move in, it seems. So why not?

Of course I couldn’t, and didn’t, touch any of the artworks exposed. But as you can see on the picture on the right, I had fun with Ugo Rondinone’s clockwork for oracles (2011).

On the escalators, a massive quote painted up on the wall drew my attention:

Art Gallery of New South Wales, Sydney, 07/08/2017

Perhaps this is one of the reasons why I dance, teach dance and practice choreography: ‘to pass from feeling to meaning‘ …

I spent the afternoon at Sydney’s world-famous Opera House. Although I found the tour slightly pricey, I came out thinking that it was very much worth it! The tour guide took my group in two of the ‘small’ auditioriums, as well as in the main concert hall. He showed us and told us about the inside of the architecture, which was quite fascinating. We even got to touch it from the outside!

The photos below might tell you more than words about what I saw today:

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Version française bientôt disponible !

Leading my own Choreo Lab

Monday 19th June 2017, Siobhan Davies Dance

I’m proud to have led an hour and a half long session at Siobhan Davies Dance, as part of the Young Artists Choreography Lab! It was the 3rd of a series of 4 workshops delivered and attended by recent graduate dancers or ‘dance-curious’ people like me.

Simple & inspiring theme, knots!!

Knotting and unknotting – dance phrase by Yanaëlle Thiran

One of the seven participants said that she ‘loved learning the part of the phrase’, which you can watch above. So I’m curious to hear your thoughts, dear readers and friends: what do you think? What does this type of movement evoke for you? As another participant puts it:

How is the knot physicalised? Is it mental, is it metaphoric, is it your body knotted?

There a lots of approaches.

I really enjoy improvisation so I liked the fact that you gave us freedom to explore ideas & [that you were] flexible with your phrase

Teaching resources for my Choreography Lab at Siobhan Davies Dance, 19/06/2017

I found it very fascinating how many stimuli you receive from such a simple starting point!

Indeed, not only did we work from movement material and improvisation tasks, but also from props, text and images … with a selection of inspiring music, of course!

I loved working with the rope – a physical object to play with in so many different ways. And interesting to see how to play in the same way without the rope.

In brief?

Nice physical experiment on idea of knots. Encouraging practice, inspiring. Looking forward to see more work 🙂

And next time I get to teach this kind of workshop, we will explore

group knotting please!

A participant found the session ‘super well organised!’ Somebody else describes it as ‘very engaging, flows well’ and adds:

 need longer 🙂

Yes, I had a few more activities planned … But there’s never enough time!


Version française disponible sur demande !

Lecture du jour

The Reflexive Teaching Artist IMG_1596_1024

Monday 15th May 2017

Inspired by their own art experiences, the Teaching Artist facilitates experiences that inspire, guiding students to discover their own inspirations.

Dawson, K. and Kelin, D. A. (2014). The Reflective Teaching Artist – Collected Wisdom from the Drama/Theatre Field. Bristol: Intellect, p.6

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Inspiré(e) par ses propres expériences artistiques, l’Enseignant(e) Artiste facilite des expériences qui inspirent, guidant les étudiants à découvrir leurs propres inspirations.

Dawson, K. et Kelin, D. A. (2014). L’Enseignant Artiste Réflexif – Sagesse collectée du domaine de l’art dramatique/théâtre. Bristol: Intellect, p.6

Utiliser mes propres sources d’inspiration pour inspirer les jeunes générations. Voilà donc ce que je fais, dans l’idéal … et en pratique, ça s’applique ! Aujourd’hui, par exemple, avec les petits de 0 à 5 ans que j’assiste dans leurs tout premiers mouvements dansants, puis les enfants et ados des sessions MoveMe que j’anime dans le Nord de Londres. Tout un programme !

Mettre les pieds au Palais Garnier

Lundi 3 avril 2017

Vue extérieure du Palais Garnier

De passage à Paris un pour week-end prolongé, j’ai réalisé un rêve de petite fille : celui de visiter le prestigieux Palais Garnier.

Cet opéra inauguré en 1875, qui est tout de même le plus grand au monde, m’a d’abord étonnée du dehors. Le bâtiment était bien plus imposant que je ne l’avais imaginé ! Par contre, quand je me suis glissée dans la salle de spectacle, elle ne m’a pas paru si grande que ça.

Grand Foyer du Palais Garnier

A l’intérieur, le Grand Escalier est à couper le souffle. On se sent presque obligé d’être élégant pour le grimper ! Et à l’étage, le Grand Foyer est une telle débauche de dorures qu’on a vite envie de sortir prendre l’air sur le balcon. On poursuit la visite par une exposition permanente, logée dans la Bibliothèque-musée. Parmi les portraits et bustes de ballerines, certains regards m’ont semblé hautains, tandis que d’autres révélaient une beauté bien plus sympathique et une passion généreuse.

Bibliothèque-musée de l’Opéra. Derrière moi, le Portrait de Mlle Sandrini, danseuse de l’Opéra, dans le ballet La Maladetta, créé par Pedro Gaihlard en 1893. Huile sur toile d’Edouard Debat-Ponsan (1847-1913)

Avec une pointe de satisfaction, j’ai trouvé une preuve qu’en 1900, le cou de pied des ballerines était loin d’être aussi proéminent que maintenant.

Regardez donc le pied que la danseuse peinte sur ce tableau pointe nonchalamment derrière elle. Rien à voir avec l’extension extrême (et selon moi, anti-anatomique) qu’on associe trop souvent avec les chaussons de pointes ! Bien sûr, son port de tête, ses épaules et ses bras sont toniques, décidés. Ce sont ses membres inférieurs qui donnent une tout autre couleur à la posture.

Je n’avais pas poussé l’observation aussi loin au moment de prendre la photo. Mes jambes, pourtant loin d’avoir été formatées par la danse classique, ont presque trop de tonus par rapport aux siennes. Critique à part, j’ai pris plaisir à l’imiter, dans un élan d’empathie kinesthétique doublé de mon habituel enthousiasme touristique.

Costume porté par Mlle Dorothée Gilbert dans “In the Night” de Jérôme Robbins

Peu après, alors que j’allais admirer les quelques costumes de scène exposés, un père et sa fille qui visitaient eux aussi le Palais Garnier m’ont demandé si on pouvait y voir les danseuses.

Malheureusement, les répétitions ne sont ouvertes au public que quelques fois par an, exceptionnellement. Le père s’est éloigné après m’avoir demandé si j’étais moi-même danseuse. A croire que ça se voit !

Alors j’ai souri, et j’ai dit oui.

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English version of this post coming soon!

Sharing motivation

Tuesday 7th March 2017

Very motivational and inspirational . . . Made me want to learn to dance.

This afternoon, I taught a 2 hours long class at the University of Westminster. I had been invited as a guest speaker once again, as part of Nick Johnstone’s course in Professional Writing. The aim of this session? To offer graduating students in Creative Writing some advice to get started in the professional world.

Of course, my experience of writing is mostly limited to this blog. But I had a few things to say about freelancing, networking and taking chances as an artist. In fact, when I collected evaluation forms at the end of the session, I read this:

Really was surprised by how much I could identify your dance journey to my journey as a writer.

Another student suggested that I should become a ‘professional motivational speaker’. Why not? That sounds compatible with what a dance teacher might be!

Anyway, I’m excited to deliver this session again on Thursday, when I meet the other half of the class. Hopefully, at the end of it, I will get to read words like ‘inspiring’ and ‘motivating’ in various handwritings again 🙂

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Version française bientôt disponible !

L’art de chorégraphier la pensée (VF)

“En fait, j’aime vraiment cette forme d’art. J’adorerais être l’une des personnes qui ont étendu son territoire.” – Siobhan Davies

‘Figurant’ de Siobhan Davies et Helka Kaski, matériaux / réarrangés / pour / être (2017) par Siobhan Davies Dance. Photo de Pari Naderi

Jeudi 19 Janvier 2017

Ce soir, notre session de Next Choreography s’est déroulée au centre Barbican, où nous avons pu voir la nouvelle pièce de Siobhan Davies :

Matériaux / réarrangés / pour / être est une collaboration entre Davies et 13 autres chorégraphes, artistes et scientifiques, qui aborde la relation entre le corps et l’esprit […] Un point de départ est l’historien de l’art allemand Aby Warburg et son “Atlas Mnemosyne” des années 1920, dans lequel il rassembla des images de différentes époques et types d’art – une peinture de la Renaissance, une œuvre d’architecture classique, une publicité ou coupure de presse du début du XXème siècle –  qui représentent toutes des actions, icônes ou gestes similaires (il était particulièrement porté sur les nymphes). Warburg montra comment des images symboliques réapparaissaient à différentes époques et endroits à travers l’histoire.

Davies crée son propre genre d’Atlas, un montage de pièces qui seront jouées les unes à côté des autres du matin au soir dans des formations en constante évolution. […] Ce que toutes les pièces ont en commun, c’est l’idée du geste physique : d’où il peut venir et ce qu’il peut vouloir dire. “Warburg était intrigué par la manière dont l’artiste utilise le comportement du corps pour contenir une pensée”, explique Davies.

Et comment le corps “contient-il une pensée”? Eh bien, je dirais qu’en premier lieu, il doit penser. Prendre le temps de penser et d’incarner cette pensée, je veux dire. Ensuite, la pensée peut devenir intention, posture, geste ou attitude.

Tout cela est visible dans la chorégraphie et la performance de Siobhan Davies. Je dirais qu’elle montre la même curiosité et la même attention aux détails que Warburg dans son Atlas. Oui, ses mouvements peuvent sembler lents ou minimalistes, à première vue. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte que c’est de la pure pensée en mouvement. Et c’est ça qui me fascine le plus dans son travail : c’est de la réflexion dans l’action.

Il y a cinquante ans, Davies était l’une des toutes premières étudiantes en danse contemporaine du Royaume-Uni […] A 66 ans, elle reste l’une des chorégraphes les plus intéressantes qui soient, son travail, tout comme elle, intelligent et sans fioritures, sa curiosité atteignant des lieux que la danse n’aborde pas souvent […] Elle veut à présent amener son public plus près, à tous les niveaux. Davies remarque que lorsqu’on regarde la danse, il n’y a pas d’objet médiateur, pas d’instrument de musique, pas de pinceau, pas de scénario, entre le danseur et le spectateur. “L’interprète et l’observateur sont tous deux les mêmes”, dit-elle, mais nous avons l’habitude de voir des danseurs pousser leurs corps à l’extrême. “Pour certains, cette extrémité est juste une joie”, dit Davies. “Mais en ce qui me concerne, je veux seulement aller aussi loin que possible en gardant le contact humain.”

Actions de “L’Encyclopédie de l’Expérience”, Charlie Morrissey, matériaux / réarrangés / pour / être (2017) de Siobhan Davies Dance. Photo de Pari Naderi

 

En bref,

Le travail de Davies est à taille humaine : il n’est pas virtuose, ses danseurs portent des vêtements et des chaussures ordinaires, et ce qu’ils font donne souvent l’impression qu’ils sont occupés à résoudre un casse-tête avec leurs corps. Mais c’est loin d’être naïf. “On peut avoir une œuvre basée sur l’expérience du quotidien”, dit-elle, “mais ayant tout de même un sens de virtuosité dans sa conception. En poésie, on utilise souvent le langage de tous les jours, mais c’est la structure et l’attention portée aux détails qui permettent au lecteur d’être transformé dans un autre mode de pensée.”

Cela semble être une bonne manière de considérer le travail de Davies : faussement simple en termes de mouvement présenté, mais plein de poésie dans ses idées et ses structures.

Source : The Guardian, jeudi 12/01/2017. Article de Lyndsey Winship.