Un Mouvement par Mois

Lundi 29 avril 2019

Aujourd’hui, journée internationale de la danse, j’ai pensé qu’il serait grand temps de vous présenter Move of the Month, la série de vidéos que j’ai lancée en février dernier.

Le concept est simple : le dernier dimanche de chaque mois, je publie la vidéo d’un mouvement que j’ai appris durant ce mois-là. En d’autres termes, la règle d’or que je me suis imposée est que, quelque soit le mouvement que je montre, il doit être nouveau pour moi. Vous trouverez donc sur cette chaine des mouvements que je n’avais jamais tentés, jamais vus ou jamais su comment exécuter jusque là.

Vous verrez plus bas que j’ai choisi un tour assez difficile comme mouvement du mois d’avril. Alors qu’il m’avait suffit d’une leçon pour apprendre les mouvements précédents, celui-ci est l’exemple parfait d’un processus d’apprentissage un peu plus long. L’ayant appris pendant la première semaine du mois, je l’ai filmé, pratiqué encore et encore, filmé à nouveau vendredi dernier et, bien que je me sois finalement décidée à le partager en vidéo, je ne le réussis toujours pas à tous les coups, loin s’en faut !

Move of the Month: April 2019 publié par Yanaëlle Thiran sur Vimeo.

Si vous lisez la description de la vidéo sur Vimeo, vous apprendrez que ce mois-ci, je me suis tirée du lit plus tôt que d’habitude pour aller prendre plusieurs cours au studio Rambert. C’est là que j’ai appris et filmé ce mouvement. Mes ami(e)s danseurs(-euses) basé(e)s à Londres savent qu’aller au cours à Rambert est un pari risqué, car ceux et celles d’entre nous qui n’arrivent pas à la gare de Waterloo tôt assez sont parfois dépités d’apprendre, une fois dans le hall d’entrée, que le cours du jour est complet et qu’ils ont fait le déplacement pour rien. Cela m’est arrivé une fois, il y a quelques semaines déjà, et j’ai décidé qu’on ne m’y reprendrais pas !

Mais revenons un peu plus en arrière. Où et comment l’idée de Move of the Month a-t-elle germé ? Une partie de la réponse se rapporte sans doute aux épisodes d’ “Une minute de danse par jour”, la série de vidéos que Nadia Vadori-Gauthier rallonge chaque jour sur sa chaine Vimeo, et que j’ai quelques fois regardée. Notez qu’elle en est aujourd’hui à sa 1567ème danse d’une minute !

Mon autre source d’inspiration pour ce projet est la chaine de micro-films de danse d’une durée de 30 secondes chacun, que mon amie Giulia Coti Zelati et sa collaboratrice Miranda Sheehy publient chaque jeudi depuis le mois de janvier, sous le nom de Tiny Dances. Le 30 mars dernier, ma Compagnie Concentrique a participé à leur entreprise. Le résultat, une version très écourtée de “Play On”, repensée pour la caméra, est en ligne depuis une dizaine de jours. Le voici rien que pour vous :

#30 – Play On publié par Tiny Dances sur Vimeo.

Pour en revenir à Move of the Month, je tiens à ajouter que cette chaine est dédiée à tous les artistes et amis grâce à qui je ne cesse jamais d’apprendre. Vous qui lisez ces lignes êtes bien sûr parmi eux. Alors si une technique, un cours de danse, un prof ou un mouvement en particulier vous vient à l’esprit, avec l’idée que je devrais ou pourrais l’essayer, n’hésitez pas à me le suggérer ! Pourquoi ne pas me laisser un commentaire plus bas, tant que vous êtes là ?

Vous le savez, je ne suis plus qu’à quelques pas, à quelques mois de l’obtention de mon Diplôme en Enseignement et Apprentissage de la Danse. Précisons d’emblée que l’écriture de ce titre à rallonge est un choix délibéré. Je peux vous assurer qu’avec l’expérience que j’ai accumulée au cours des 3 dernières années, je crois fermement qu’enseignement et apprentissage sont inextricablement liés. Je ne cesserai jamais d’apprendre de nouveaux mouvements, ni d’aller plus loin ou plus profondément dans le perfectionnement de ma connaissance de moi et de mon interprétation de l’art du mouvement humain. Pour le moment (et, je l’espère, pour une bonne partie de ma carrière), prendre et donner des cours de danse sont les deux activités qui occupent le plus clair de mon temps. Elles vont main dans la main et me permettent d’aller de l’avant, pas à pas et mois après mois, parfois lentement mais toujours sûrement.

En février, je partais du  principe que le Mouvement du Mois serait une preuve et un renforcement de ma volonté d’en apprendre toujours plus, et de suivre environ 10 cours pour danseurs professionnels chaque mois. Maintenant que j’ai édité et commenté les 3 premières vidéos de la série, je réalise que le partage de ces mouvements que j’apprends est en fait aussi un excellent moyen de les transmettre … comme le ferait une enseignante ! Avec l’aide d’un ralenti et d’une description minutieuse du mouvement choisi, je vise à donner à mon public électronique (et en particulier à mes collègues danseurs et danseuses) les meilleurs outils possibles pour pouvoir exécuter eux aussi le mouvement que j’ai appris et pratiqué dans le but de le filmer.

Au fond, apprendre pour moi, c’est entreprendre quelque chose pour les autres. Et transmettre ce que j’apprends, c’est ce vers quoi ma carrière tend. Alors, en avant ! Suivez-moi, car dorénavant, chaque mois, je vous apprendrai un nouveau mouvement.

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En marche

Mardi 11 septembre 2018

J’ai beaucoup marché cet été. Au sens propre comme au figuré, je pense que l’air de rien, j’ai fait du chemin.

Wye Valley Walk, August 2018

Cela fait maintenant un mois que j’ai pris l’habitude d’aller au cours de danse à pied. The Place n’est qu’à 35 minutes de marche de chez moi et, croyez-moi, marcher d’un bon pas pendant tout ce temps-là, c’est un excellent début d’échauffement. Surtout comme ça, de grand matin, avant même d’arriver au studio pour le cours pro ! Marcher m’ôte le stress de rater le bus, m’évite le bain de foule du métro, et me permet de limiter les dépenses liées aux trajets que je fais sans arrêt pour prendre ou donner des cours de danse aux quatre coins de Londres.

Tous mes groupes n’ont pas encore fait leur rentrée, mais quand le trimestre sera tout à fait lancé, je donnerai 6 ou 7 cours de danse par semaine et je participerai à 3 cours supplémentaires en tant qu’assistante. Oui, ça commencer à rouler, mais tout ça ne me permet pas encore de gagner assez que pour être vraiment indépendante.

Je poursuis donc aussi, en parallèle à ma route d’élève et de prof de danse, le chemin sans fin des recherches d’emplois et d’opportunités. Mon rythme de croisière ? Envoyer une candidature par semaine (parfois deux), que ce soit pour participer à un festival, décrocher une date de représentation, donner une heure de cours en plus ici ou là.

Quand on randonne dans la vallée de sa carrière, il faut savoir tirer son plan et suivre les bons panneaux. Je m’applique donc à cibler les annonces auxquelles je réponds, et à écrire des lettres de motivation ou envoyer des vidéos uniquement vers les organismes et les gens avec lesquels je sens une connexion.

‘Braid’ (c.1983) by Brazilian artist Tunga (1952-2016). Tate Modern, London, 22/08/2018

Hier, ces démarches m’ont menées à Wood Green, dans le Nord de Londres, à la rencontre de la jeune directrice d’un collectif de danse-théâtre. Je postulais pour le job d’assistante dans une série de sessions de danse qui commence la semaine prochaine. Vers la fin de l’entretien, on a parcouru le plan de cours que j’avais préparé. Elle a eu l’air emballé et m’a téléphoné deux heures plus tard pour m’annoncer qu’elle m’offrait le poste … de dance leader, et non celui d’assistante !

Dance leader, not dance teacher. J’aime cette nuance. Au lieu du titre de “prof de danse”, je me qualifierais volontiers de “guide dansistique”. Au fond, comme une guide touristique, je fais voyager les gens dans l’espace et le temps. Je leur fait entendre des musiques du monde et goûter à des rythmes venus d’ailleurs. Je fais de mon mieux pour leur donner le goût de mettre un pied devant l’autre et tracer leur propre chemin. Parce qu’un jour, ils le feront tout seuls. Peut-être même dès demain.

Ready? Play!

Saturday 23rd June 2018

On Tuesday, I performed a 10 minute piece with my friend and collaborator, pianist Mikaela Livadiotis. Things didn’t quite go as planned, but the audience enjoyed it!

Mikaela Livadiotis & Yanaëlle Thiran performing ‘Musical Toys’ at New Lights Piano festival, 19/06/2018. Photo by Madeleine Rose Elliott

The event – We had been invited to play together at New Lights Piano Festival, a festival of contemporary piano music curated by Trinity Laban student Mahsa Salali. Mikaela decided to play some of Sofia Gubaidulina’s ‘Musical Toys’ (composed in the late 1960s). Together, we selected 7 out of the 14 short pieces in the score. I started improvising and setting movements to them at the end of May.

The performance space, a beautiful concert hall called the Peacock Room, was where we had we won the Gladys Puttick Improvisation Competition in 2017. In other words, I was familiar with it and had fantastic memories linked to it. However, on Tuesday morning, I found out that the grand piano would be placed in the middle of the room, with audiences sitting all around it. Having choreographed my micro-pieces on the assumption that the piano would be behind a small rectangular dance space, which all audiences would watch from the same side, I had to quickly remap my pathways in space.

Yanaëlle Thiran performing ‘Musical Toys’ at New Lights Piano festival, 19/06/2018. Photo by Madeleine Rose Elliott

Lesson learnt: performing is like teaching: even when you plan and rehearse for hours, you never know how it is going to go until the class or show is over. You have to be ready to make small adjustments (and sometimes even big changes) on the day, on the spot, in the space. And that’s what we did.

How it went: I managed to spin, hop and slide around the piano, turn a page in Mikaela’s score in the middle of my dances, and play the first four notes of ‘The Echo’ – this last action being the only one that was part of the initial plan. The performance felt pretty blurry from the inside, but I played with it. If musicians “play”, why should we, as  dancers, be so serious about our work? What if I “played” my choreographies instead of merely “performing” them?

Mikaela Livadiotis & Yanaëlle Thiran performing ‘Musical Toys’ at New Lights Piano festival, 19/06/2018. Photo by Madeleine Rose Elliott

I enjoyed looking at spectators around me, surprising them and seeing them smile at me at various points in the piece. Judging from the generous applause they gave us at the end, our proximity with them and playful use of the space really hooked them. A young composer who was in the audience came to me and said that she really enjoyed my interpretation of the music, and the connections between my movements and Mikaela’s performance. The curator’s mum herself told me that she found our piece very touching.

What next? This collaboration with Mikaela is an ongoing process which we’re hoping to take further, so watch this space for future performances and concert dates! I will carry on working on three of these ‘Musical Toys’ next week and perform them again on Saturday 30th June at Hoxton Hall (more info: https://www.hoxtonhall.co.uk/event/ms-paolinis-phantasmagoria-cabaret/). Come along!

Mes records de mai

Lundi 28 mai 2018

Capture d’écran du site de The Place, 28/05/2018

Le mois qui s’achève semble être celui de tous les records. Pour la première fois depuis octobre 2016, j’ai dépassé l’objectif personnel que je m’étais fixé : prendre 10 cours de danse professionnels chaque mois. Ce mois-ci, j’en ai pris 13, soit le double de ma moyenne des derniers mois. Et si je retourne à The Place mercredi matin, ça fera 14 !

Extrait du site de The Place

Quand je pense qu’il y a deux ans, à la fin de ma formation en danse à temps plein, je suivais au moins 10 cours techniques par semaine … Vous comprendrez aisément que toutes ces heures sont désormais remplies par d’autres réalités, par du travail (principalement des cours de danse à préparer, donner ou assister); des trajets d’un bout à l’autre de Londres, pour aller d’un studio ou d’une école à l’autre; des recherches, des mails et des candidatures à rédiger, sans oublier le travail académique, avec l’objectif de décrocher un diplôme pour mieux enseigner.

Honnêtement, j’ai parfois peur de ne pas (ou de ne plus) m’entrainer assez. S’il est vrai que rien ne se perd, que rien ne se crée, que tout se transforme, alors il n’y a pas à m’inquiéter. Ce que j’ai appris et réappris ressurgit, même si je ne le pratique plus de manière assidue. Il me semble aussi que ce que j’apprends aujourd’hui transforme ma pratique et mon mouvement bien plus en profondeur qu’avant. L’étudiante s’établit peu à peu comme professionnelle et voilà enfin qu’elle a décroché et mené à bien son premier contrat de danseuse embauchée sur audition par une compagnie ! Tout arrive.

Please Select: [City]

14 (et ce nombre fera sourire celle de mes sœurs qui se reconnaitra), c’est aussi le nombre de représentations que j’aurai enchainées ce mois-ci : 13 représentations de ‘Please Select: [City]’, la création de Kuan-Yu Chen (cliquez sur la photo pour en savoir plus !) et une performance solo “anonyme” pour l’exposition de fin d’études de mon amie et collaboratrice Maddie.

Madeleine Rose Elliott, de son nom complet, termine son bachelier en photographie au Collège de Communication de Londres (LCC). J’ai accepté de participer à son projet de fin d’année en interprétant des mots comme “anonyme” et leur définition devant son objectif (photographique, dans ce cas-ci). Me voilà donc immortalisée dans une série de clichés authentiques, pris sur appareil analogue et développés en chambre noire comme jadis. Venez voir cette lady in black encadrée et bien présente ce mercredi à LCC ! Plus d’infos : http://events.arts.ac.uk/event/2018/5/31/LCC-Degree-Shows-2018-Show-1/

Le travail de Madeleine Elliott, encadré, accroché et prêt pour son exposition de fin d’études au Collège de Communication de Londres, 25/05/2018

Pour en revenir au mot-clé de cet article j’ai pour objectif de continuer à m’entrainer, à collaborer et à partager ce que je ferai au mois de juin. Vous verrez bien !

Chorégraphe citée : Hagit Yakira

Mardi 3 avril 2018

Quand je prends le temps de le parcourir, le blog du Conservatoire Trinity Laban m’offre des lectures inspirantes. Aujourd’hui, par exemple, j’ai lu l’interview d’une chorégraphe que je ne connais pas encore personnellement, mais dont j’entends beaucoup parler sur la scène et dans les studios de la danse contemporaine londonienne. Extrait :

What was your inspiration behind the work?

My main inspiration was London and the fact that I feel there is an unspoken rule here which is the necessity to move forward. Any hesitation, suspension, pausing is an interference for London’s practicality. London is of course is prototype for something broader – I didn’t want the piece to convey this in a direct or literal way. I wanted to find a poetic, physical and metaphorical way to work with the idea of moving forward, with traveling, with time and with the dancers.

Source : Transitions 2018: Q&A with choreographer Hagit Yakira

A la question “quelle était votre source d’inspiration derrière ce travail ?”, Yakira répond donc “Londres et le fait qu'[elle] sent qu’il y a [là] une règle tacite qui est la nécessité d’aller de l’avant.” Je suis d’accord à 100%. Depuis que je m’y suis installée, Londres me pousse et me porte tellement que je dois me forcer à partir à l’étranger (ou à rentrer au pays de mes parents) pour me poser et me re-poser vraiment, de temps en temps.

J’y suis. Enfin. De retour sur le contient européen pour un petit séjour, le temps de recharger mes batteries et de faire le plein d’inspiration. Le temps important, aussi, de rédiger et d’envoyer des tas de candidatures pour relancer mes activités d’artiste-danseuse dès que je serai de retour à mon camp de base outre-Manche. Des activités, il y en a déjà à l’horizon, mais pas encore assez que pour vous annoncer toute une saison … Enfin, vous verrez bien ce qui viendra dans les prochains mois !

Et en parlant de projets pour ce printemps, j’ai hâte de voir mon ami Ayongga et ses collègues de la compagnie Transitions 2018 danser la pièce d’Hagit Yakira !

Défi dans’coveries, on se reverra là-bas 🙂


 

Petit mois, petites créations

Février 2018 ? Terminé. Le plus petit mois de l’année a filé. A quoi étais-je donc occupée ? Notamment à créer, répéter et présenter une série de solos avec et pour la chorale A440 de Reading.

Birdsong improvisation by Sophie Baylis & Yanaëlle Thiran. Desborough Theatre, Maidenhead, 18/02/2018

En vue du spectacle “Earth, Sea & Sky”, la chef de choeur Lucy Joy Morris m’avait invitée à improviser un duo avec la flutiste de sa chorale et à créer 3 solos sur 3 des morceaux qui allaient être chantés.

Pour préparer ces chorégraphies, je me suis basée sur les enregistrements que Lucy m’avait envoyés, ainsi que sur les paroles des chansons. Comme vous le voyez ci-dessous, je les ai annotées pour structurer chaque pièce :

Par chance, ces chansons n’étaient pas longues et contenaient des refrains avec lesquels je pouvais jouer dans mes danses. Ayant passé 5 mois à créer une chorégraphie de 20 minutes, j’avais décidé d’être efficace, et je n’avais pas le choix : il fallait boucler ces trois fois 2 minutes 30 en une dizaine de jours !

Pas question, cependant, de me contenter de “vite fait bien fait”, ou de copier-coller ma signature chorégraphique personnelle. Pour donner un style distinct à chaque morceau et détourner mes pas habituels, j’ai choisi d’utiliser des accessoires. Mes vieux chaussons de jazz et un bâton noir trouvé par hasard ont ajouté du caractère à mon interprétation du chanteur (“The Singer”). Autre exemple, l’image de la rivière Tyne m’a donné l’envie et l’idée de danser avec un long tissu bleu, dans un registre plus lyrique.

‘Water of Tyne’ by Yanaëlle Thiran and the A440 Choir. Desbourough Theatre, Maidenhead, 18/02/2018

J’ai pris plaisir à le faire onduler, serpenter et tourner autour de moi, tant dans les airs qu’au sol. Il fallait bien ces 4 mètres de beauté bleuté pour amplifier mes mouvements et leur donner une résonance égale à celles des 40 voix de la chorale. J’ai ri de me prendre les pieds dedans et de me prendre la tête dessus, tant les réactions de cette rivière rebelle étaient changeantes, et ce même quand je pensais la manipuler clairement ! Avec ce court solo, je n’ai fait qu’effleurer son énorme potentiel de mouvements et de métaphores, mais j’espère bien le développer dans de prochaines pièces.

‘As Torrents In Summer’ by Yanaëlle Thiran and the A440 Choir. Desbourough Theatre, Maidenhead, 18/02/2018

Pour “As Torrents In Summer”, par contre, je n’ai eu recours à aucun autre artifice que mes capacités techniques et des vêtements blancs. Je cherchais une pureté et une clarté qui répondraient à l’aspect spirituel ou sacré de la musique. Un simple chemin, en diagonale à travers l’espace, et un alliage de travail du sol et d’élévations m’ont servi à former un pont entre ciel et terre, et ce vraiment littéralement dans ma position finale.


Curieux de voir le résultat ? Restez connectés : les vidéos du spectacles seront bientôt publiques 🙂

Behind the scenes: ‘Swapping Shadows’

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Costumes drying after our last rehearsal at Elizabeth House, 22/01/2018

Sunday 28th January 2018

‘Swapping Shadows’ premiered 5 days ago to a sold-out theatre. No wonder it took me a couple of days to land from cloud nine. I have been wanting to blog about it, without knowing where to start from. What to show? What to share? I wish you could all have experienced the piece live. How could photos and reviews account for it? Should I let you read what other people thought, or share my own text and thoughts first?

Well, let me take you backstage, where it all began and where everything took shape. Photos, texts, reviews and footage from the show will follow little by little over the next few weeks.

On Monday this week, Shivaangee and I had our very last rehearsal at Elizabeth House. Our costumes and lighting designers Akshy and Sally came to support us and check all final details. One of Shivaangee’s friends also watched us and gave us very encouraging feedback that morning. The centre’s director Nathalie Renaud saw our last run through the piece and said it took her on a journey – a journey I hope to continue further, with many more spectators…

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Four roses for my four collaborators, discreetly displayed in the dressing rooms. The Place theatre, 23/01/2018

Tuesday was the big day, with a 3-hour long technical rehearsal on stage, and the show’s premiere in the evening. The time had finally come to put our dance under the spotlights! It was a joy to tread across the stage and see everything come together, under the eager eyes of our photographers.

Between the tech run and the actual show, I took a break and shared some cupcakes with my sister who had freshly arrived from France. We stopped by the florist, so I could buy roses for my collaborators before picking up our parents and their friends from St Pancras International station. I left them shortly before 6pm to get into the zone for this long-waited-for performance.

Studio 7 was empty – a white blank page where calmness and focus would prepare me to ‘write’ the night. Between the dark windows and familar sounds of stamping feet above my head, I saw my 18 years old self, Second Year student at LCDS. There in this very studio, she used to come, solo. Rehearsing, trying again and again to make movements that would match this or that piece of music. Here she was again. Morning ballet class. Hair in a bun and leotard. Fighting for turn out, jumping, pirouetting, sweating… and perhaps not breathing enough.

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Pre-performance selfie in Studio 7, 23/01/2018

Now there I was. Singing the last tune of my piece. Same dancer, same (but even further trained) body, now aged 23. A graduate, returning, wanna-be emerging artist. Dancer/choreographer, proud to have her work programmed at The Place’s Resolution festival. To me, performing there felt like homecoming. It was The Place where I belonged.