Work/Travail/Arbeid: Essays

Jeudi 1er septembre 2016

Aujourd’hui, alors que certains rentraient à l’école, j’ai terminé une série de lectures sur l’œuvre d’Anne Teresa De Keersmaeker : “Work/Travail/Arbeid”. En voici quelques extraits que j’ai traduits de l’anglais.

Il n’y a pas d’expression sans construction.

(Bojana Cvejic, Dance in Earnest: On Time and Attention in Work/Travail/Arbeid, dans Essays, p.13)

Work/Travail/ArbeidLa nature d’être sérieux […] a trait à une conviction sincère et intense que la danse compte, qu’elle est digne d’exposer son propre effort, son excellence, et son rituel sans paroles, indépendamment du fait que quelqu’un la regarde ou non. […] un choix de croire que le lien brisé entre le corps, le mouvement, la musique, le temps et l’attention puisse être reconstruit, avec joie et perspicacité.

(Bojana Cvejic, Dance in Earnest: On Time and Attention in Work/Travail/Arbeid, dans Essays, p.21)

La question est : comment être à ce moment-là et à cet endroit-là, ici et maintenant, aujourd’hui, demain, hier, aux côtés de danseurs et de musiciens qui travaillent en collaboration avec le travail-en-devenir (c’est-à-dire, l’indéfini déterminé) de manière à ce qu’un travail puisse momentanément se matérialiser dans le monde. Voilà la question qui unit les interprètes, auteurs et spectateurs dans une même tâche : travailler en collaboration, pour le travail, aux côtés du travail, en donnant du temps.

(André Lepecki, Co-Imagining Work/Travail/Arbeid, dans Essays, p.35)

De Keersmaeker situe le corps dans ce qui pourrait être un contexte neutre – dans le sens de n’être pas structuré de façon apparente […] En faisant cela, elle met en scène pour l’observateur un don excessif d’énergie transformée, “performée”, une divulgation compressée de travail non-productif comme forme esthétique. Ce qui est évident en voyant ces danses de près est l’habileté, la complexité, la technique, l’entrainement accumulé : qualités de travail que nous ne sommes pas habitués à relier aux praticiens individuels réels dans une économie occidentale de surconsommation dans laquelle le travail est si fréquemment externalisé que l’idée de temps et l’effort de fabrication sont dévaluées.

(Catherine Wood, The still point, dans Essays, pp.77-78)

***

Thursday 1st September 2016

Today, while some people went back to school, I finished reading a series of books on Anne Teresa De Keersmaeker’s ‘Work/Travail/Arbeid’. Below are selected excerpts from these books.

There is no expression without construction.

(Bojana Cvejic, Dance in Earnest: On Time and Attention in Work/Travail/Arbeid, in Essays, p.13)

The nature of being earnest . . . is about a sincere and intense conviction that dance matters, that it is worthy of exhibiting its own effort, excellence, and speechless ritual, regardless of whether anybody is watching. . . . a choice to believe that the broken link between the body, movement, music, time and attention can be constructed again, with joy and insight.

(Bojana Cvejic, Dance in Earnest: On Time and Attention in Work/Travail/Arbeid, dans Essays, p.21)

The question is how to be then and there, here and now, today, tomorrow, yesterday, alongside working dancers and musicians who co-work with the work-to-come (that is, the determined indefinite) so that a work might momentarily materialize into the world. This is the question that unites performers, authors, and audiences into one and the same task: to co-work for the work, alongside the work, as gifts of time.

(André Lepecki, Co-Imagining Work/Travail/Arbeid, in Essays, p.35)

De Keersmaeker situates the body in what might be a neutral – in the sense of being apparently unstructured – context . . . In doing so, she stages for the viewer an excessive gift of transformed, performed energy, a compressed divulgence of nonproductive work as aesthetic form. What is evident in seeing these dances close up is craft, intricacy, technique, accumulated practice: qualities of work that we are unused to linking to real, individual practitioners in a Western economy of excess consumption in which labor is so frequently outsourced that the idea of time and the effort of making are devalued.

(Catherine Wood, The still point, in Essays, pp.77-78)

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